jeudi 11 octobre 2012

L'histoire de "Bremhuis"


                                        
                                                "Bremhuis"


Fritz de Brouckère fit construire une très belle résidence à Knocke et s'y installa avec sa femme Adrienne et ses deux filles Anita et Marie-Louise. Le village attirait les peintres et les écrivains.

Dans sa jeunesse Fritz visita régulièrement l’atelier d’Ernest Blanc-Garin à Bruxelles et s’appliquait à peindre et dessiner dans le style de l'époque. Il travaillait de façon traditionnelle, tout en se perfectionnant dans le dessin satirique, l’aquarelle et la peinture à l’huile à caractère symbolique.
Peindre, était à ses yeux une observation et une découverte de la nature dans ses nombreux aspects. Il aimait poser son chevalet dans le paysage de Knokke- cela se sent dans ses scènes de dunes et de plage. Il n'a jamais chercher à exposé ses peintures de son vivant.

La maison,‘Bremhuis’, se situait derrière la Graaf Jansdijk, entre le village de Knocke et le lieu-dit Het Kalf : c’est en connaissance de cause que de Brouckère choisit cet emplacement. Il s’agissait d’un endroit à l’écart avec une vue unique sur les polders. A l’horizon, on voyait les tours de St Anna-ter-Muiden, Sluis, Westkapelle et Lissewege. La Graaf Jansdijk était au Nord, tandis que la Keuveldijk, beaucoup plus ancienne, se trouvait à l’est et décrivait une courbe jusqu’au canal Isabelle.

Ses voisins immédiats- la famille Vanderlinden, vivaient dans une villa appelée Ter Linden (Aux Tilleuls).
Entretemps, Knokke avait commencé à se développer sur le plan touristique ; cela ne gênait aucunement l’artiste qui quittait son habitation pour rejoindre les champs et admirait le vaste ciel au-dessus de la plaine du Zwin, l’incomparable lumière, les fleurs mauves sauvages, les dunes et la plage d’un blond doré. Il aimait le contraste du bleu et vert de ce pays, la lumière vaporeuse dans le lointain, les tours solitaires des villages des polders. Il jouissait de la douceur de l’automne, du vent berçant les oyats, de cieux merveilleux. L’artiste qu’il était appréciait le silence qui y régnait et c’est imprégné de cette inspiration qu’il rendait cette atmosphère sur la toile.
Tout près de son domicile, Fritz de Brouckère a peint les souches coupées dans les champs marécageux, les gerbes de blé alignées en longues rangées dans les champs. Il pouvait trouver toute cette explosion de couleurs dans les environs immédiats de sa maison et de son atelier. Il aimait aussi les maisonnettes basses et pleines de charme le long de la digue et au village ; les tas de fumier devant les fermes, les poules picorant çà et là, les paysans menant le bétail vers les pannes des polders du Zoute.

La famille menait une vie retirée et tranquille: de Brouckère peignait et son épouse jouait du violoncelle : Il disposait d’une importante bibliothèque qui le fascinait et tout ce qui concernant l’opéra l’enthousiasmait : il chantait des extraits de Faust et de Carmen, qui étaient ce qu’on pouvait appeler les tubes de l’époque. Il se chargeait également de l’instruction de ses filles ; le rôle de conteur des aventures de Robinson Crusoé à Jules Verne, de récitant de vers Racine lui allait parfaitement. Ses filles dansaient dans des costumes que le père avait conçus et peints. Pour les traditionnels cadeaux de St-Nicolas, l’artiste les laissait glisser depuis le toit à travers la large cheminée jusque dans l’âtre : tel était son engagement vis-à-vis de ses enfants. 
De par sa personnalité, sa culture , son imagination, Fritz de Brouckère put réaliser les rêves les plus fous de son enfance. Ses filles en ont été empreintes pour leur vie entière et ont ressenti elles-mêmes cette force magique qui leur permettait d’échapper à la réalité de la vie quotidienne. Femme cultivée, son épouse Adrienne se nourrissait de littérature russe et de musique classique. Lorsque le couple s’établit aux Pays-Bas : à  St-Anna-ter-Muiden d’abord, à La Haye ensuite, l’épouse eut parfois l’occasion de jouer avec l’orchestre de la Haye.

Fritz de Brouckère devint malade en 1923 et sa maison ‘Bremhuis’ fut vendue en vente publique ; la famille retourna à Bruxelles où les jeunes filles furent intégrées dans le système scolaire à l’institut St-André, et découvrent les joies de la vie en société. La cadette appréciait énormément le confort de la ville, loin des lampes à pétrole et de l’ eau gelée dans les aiguières que les habitants de la ‘Bremhuis’ avaient connues pendant les mois d’hiver.
La santé de l’artiste ne s’améliora plus et il est décédé à Bruxelles le.(?).1928, âgé de 49 ans. Il repose auprès de sa mère et de sa gouvernante au cimetière de Boitsfort. Sa veuve et ses filles ont progressivement réuni un cercle d’amis, issus du monde artistique, autour de sa personnalité. En décembre 1971, c’est sa veuve Adrienne est allée rejoindre l’artiste dans le caveau familial.

Fritz de Brouckère peut être considéré comme un des artistes de Knocke. 
(texte pour le catalogue de l'exposition: "Van het atelier naar de kust" cultuurcentrum scharpoord, octobre2012 -janvier 2013)  
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